📣 Afin de lutter contre le changement climatique et pour le respect du vivant, rejoignez le mouvement pour la réduction du trafic aérien et la reconversion de ce secteur, avec les salarié·e·s ! ✈️

Le collectif Tousse en Piste (Attac Savoie, Extinction Rébellion Chambéry et Alternatiba Savoie) appelle à une nouvelle mobilisation sur l’aéroport Chambéry Savoie Mont Blanc le samedi 6 mars, dans la continuité des actions menées en février et en octobre 2020. L’événement prendra la forme d’une vélorution et d’un carnaval des alternatives devant l’aéroport. Il s’agit de mettre en avant dans la campagne des élections départementales et régionales de juin 2021 le sujet de l’avenir de cette infrastructure coûteuse, polluante, d’une utilité limitée et dont l’activité est amenée à décliner à moyen et long terme.

La chute drastique de l’activité de l’aéroport Chambéry Savoie Mont Blanc depuis mars 2020 et le faible trafic prévu pour cet hiver en lien avec la crise sanitaire, la fermeture des remontées mécaniques dans les stations de ski et le Brexit posent la question de l’avenir de cette infrastructure 1) coûteuse, 2) polluante, 3) d’une utilité limitée et 4) en déclin à moyen et long terme. Les élections départementales et régionales de juin 2021 sont une très bonne occasion d’y réfléchir sérieusement pour permettre aux candidats et aux citoyens de se positionner : le Département de la Savoie, propriétaire de l’aéroport, et la Région, qui a investi plus 50 millions d’euros dans un « plan neige » visant à poursuivre l’économie du « tout ski à tout prix » (i), sont en effet en mesure d’agir sur le trafic de l’aéroport de Chambéry.

Nous vous donnons rendez-vous le samedi 6 mars 2021 déguisé.e.s (ou non) en votre alternative favorite pour cette mobilisation devant l’aéroport de Chambéry, dans le respect des règles sanitaires. Les informations pratiques seront communiquées ultérieurement. Si vous souhaitez nous contacter d’ici là, écrivez-nous sur actionchambery (@) protonmail.com.

Nos revendications :

  • Réserver le recours au transport aérien aux cas d’extrême nécessité, comme les vols sanitaires d’urgence.

  • Résilier ou a minima réviser le contrat de délégation de service public (DSP) de l’aéroport pour assurer une gestion directe de l’infrastructure par des acteurs publics.

  • Supprimer les subventions publiques aux aéroports et au transport aérien.

  • Supprimer l’avantage concurrentiel de l’avion en instaurant une taxe sur le kérosène

  • Réaffecter ces moyens vers la promotion et le développement des transports en commun moins polluants (notamment le train) et l’accompagnement à la reconversion des salarié.e.s du secteur aérien.

1) Une infrastructure coûteuse

Le Département de la Savoie a confié depuis 2004 la gestion et l’exploitation de l’aéroport à une filiale de Vinci via un contrat de délégation de service public (DSP) courant jusqu’en 2029. Bien que les éléments financiers du contrat ne soient pas accessibles, une enquête de Mediacités (ii) publiée en 2019 révèle que la gestion de l’aéroport de Chambéry (ainsi que celles d’autres aéroports de la région Auvergne Rhône-Alpes comme l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry) vide les caisses des collectivités pour mieux remplir celles de Vinci, tout en réduisant le personnel. En 2018, le montant des dividendes versés par Vinci à ses actionnaires était supérieur aux bénéfices réalisés sur l’année (941 000 € vs 727 794 €). Pour mémoire, le Département a également investi 20 millions d’euros dans le développement de l’aéroport entre 2004 et 2013, puis 700 000 € en 2019 pour l’adaptation au Brexit .

Par ailleurs, l’activité de l’aéroport est en grande partie liée à l’économie du « tout ski », soutenue à bout de bras par des investissements publics massifs dans des projets de développement des stations de ski : canons à neige, retenues collinaires, projets immobiliers, nouvelles remontées mécaniques… Ce sont des millions d’euros d’argent public engloutis pour maintenir un modèle économique à bout de souffle et voué à disparaître en raison du changement climatique. Il est urgent de réorienter ces investissements vers des activités pérennes plus vertueuses et adaptées aux futures conditions climatiques.

Enfin, les aides gouvernementales – dont notamment 7 milliards d’euros à Air France – qui ont été nécessaires pour sauver le secteur aérien face à la crise du COVID19 mettent en avant le poids considérable, porté par le contribuable, d’un secteur fragile, non perenne et de fait, non indispensable.

2) Une infrastructure polluante

Ce n’est un secret pour personne : l’avion est le moyen de transport le plus polluant. Si le transport aérien était un pays, il serait le 7ème plus gros pollueur de la planète, comme l‘Allemagne. Avec les émissions de CO2 et l’impact des traînées de condensation et des oxydes d’azote rejetés, le transport aérien est à l’origine de 5% du réchauffement climatique mondial (iii). Au niveau mondial, alors qu’il est impératif de réduire les émissions de CO2 pour tenter de limiter le réchauffement à moins de 2°C en 2100, celles du transport aérien ont plus que doublé en 20 ans. En France, le trafic aérien a connu une hausse de près de 62% de ses émissions de CO2 depuis 1990. Paradoxalement, le transport aérien échappe à toute taxe sur le carburant en vertu d’une convention internationale datant de 1944.

Il faut aussi évoquer les nuisances locales avec des impacts concrets sur la qualité de vie des riverains de l’aéroport et plus largement du Lac du Bourget, surtout lors de la saison hivernale : pollution de l’air, bruit, impact paysager, risque d’accident aérien…

L’activité de l’aéroport de Chambéry est donc incompatible avec l’urgence écologique,. Il est absolument indispensable de repenser nos activités et nos infrastructures à la lumière des enjeux de ce siècle, et ce n’est pas le greenwashing sans ambition de Vinci (en résumé : 3 ruches et des panneaux solaires !) qui va résoudre le problème.

3) Une infrastructure à l’utilité limitée et réservée aux plus aisés

Prendre l’avion n’est pas une activité essentielle. Les Français·es qui volent beaucoup (majoritairement pour les loisirs) sont les 10 à 20% les plus riches, avec des revenus mensuels de plus de 2500 € (iv). Selon l’enquête (v) réalisée par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) entre 2015 et 2016, 50% des passager·es sont issu·es de catégories socio-professionnelles supérieures, quand seulement 2% sont ouvrier·es et 4% sans emploi.

Ce constat est d’autant plus vrai pour l’aéroport de Chambéry, dont la clientèle est en grande majorité aisée : hommes d’affaires, touristes étrangers (russes et britanniques notamment) venant profiter des grandes stations alpines, parachutistes…

Enfin, l’essentiel du trafic aérien savoyard pourrait être supprimé par la diminution du nombre de vacanciers et le report sur le train, qui remonte les vallées savoyardes jusqu’à Modane ou Bourg Saint Maurice)

4) Une infrastructure à l’activité déclinante actuellement et dans le futur

Malgré les aides gouvernementales, la crise du COVID19 a entraîné la suppression de milliers de postes et autant sont d’ores et déjà planifiés (vi).

Cependant, loin de construire une nouvelle vision raisonnée et résiliente de l’aviation, les compagnies aériennes souhaitent revenir au plus vite à leur niveau de croissance passée. Cela aura tout autant des conséquences au niveau environnemental qu’au niveau social, laissant leurs employé·es sans alternative face au déclin inévitable de l’activité en raison des crises à venir.

Une réflexion raisonnée sur une limitation de l’activité, un partage équitable et raisonné des dividendes au bénéfice des employé·es et des plans de réorientation sont nécessaires pour permettre un ralentissement contrôlé du secteur et éviter un arrêt drastique et non anticipé aux conséquences sociales et environnementales désastreuses.

i) https://www.auvergnerhonealpes.fr/157-montagne.htm

ii) https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2019/10/22/aeroports-dauvergne-rhone-alpes-vinci-senrichit-sur-le-dos-du-contribuable/

iii) https://reseauactionclimat.org/wp-content/uploads/2019/06/cinq-mythes-sur-le-transport-aerien.pdf

iv) https://www.parismatch.com/Actu/Environnement/Prendre-l-avion-est-il-un-privilege

v) https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/ENPA_2015_2016.pdf

vi) https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/note-planifier-un-atterrissage-sans-crash-du-secteur-aerien-en-france