Suite aux dernières déclarations de Monsieur le Préfet de l’Ain quant au projet d’EPR2 à Bugey et la « prétendue indépendance » énergétique qui allait en découler, nous tenons à publier ce communiqué de presse :
« Pas d’indépendance énergétique avec les EPR2″.
Nous contestons le bien-fondé de ce projet d’EPR2 à Bugey.
Et précisément, il s’agit de remettre en cause cet argument de « l’indépendance énergétique » avec la poursuite du programme nucléaire – argument repris de manière erronée par beaucoup de défenseurs de l’énergie nucléaire.
CAR REDISONS-LE :
IL N’Y A PAS D’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE
AVEC LE NUCLÉAIRE !
COMMUNIQUÉ DE PRESSE SORTIE DU NUCLEAIRE BUGEY
“PAS D’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE AVEC LES EPR2”
La Préfecture de l’Ain annonce une nouvelle concertation publique du 7 avril au 7 mai 2026 pour permettre la construction de réacteurs EPR2 à proximité du site nucléaire du Bugey. Il s’agit de modifier les règles d’urbanisme pour recréer la zone d’aménagement spéciale EPR2 prévue au SCOT et au PLU de Loyettes du fait de l’annulation de ces documents par le tribunal administratif de Lyon le 9 décembre 2025 suite au recours de l’association Sortir Du Nucléaire Bugey.
La Préfecture et l’État veulent aller très vite avec un décret du 24 mars 2026 pour qualifier ce projet d’intérêt général (PIG), avant même que le rapport de la concertation publique terminée le 6 février 2026 soit rendu public. Maintenant c’est une nouvelle concertation pour modifier les règles d’urbanisme.
Ce projet de réacteur nucléaire est annoncé par la Préfecture dans les termes suivants :
“construire les réacteurs dont la France a besoin pour son indépendance énergétique et ses engagements climatiques” (Facebook, 31 mars 2026).
L’indépendance énergétique avec le nucléaire est une véritable fakenews étatique. Cessez de mentir ainsi !
En effet, pour fonctionner, ces réacteurs EPR2, tout comme les réacteurs actuels ont besoin d’un combustible à base d’uranium, or cet uranium est importé en totalité depuis des pays étrangers : principalement du Kazakhstan et d’Ouzbékistan, sous influence directe de la Russie, et aussi de Namibie, du Canada, d’Australie,…
Par ailleurs, EDF achète aussi des éléments combustibles à l’américain Westinghouse et au russe Rosatom :
“Pour assurer la sécurité d’approvisionnement des centrales nucléaires en combustible, EDF cherche autant que possible à diversifier ses sources d’approvisionnement auprès de multiples
fournisseurs d’uranium et de fabrication d’assemblages au niveau français, européen et mondial.”
-Extrait du Dossier du Maître d’Ouvrage du débat public EPR2 Bugey, page 72-
Pour fonctionner et contrôler la réaction nucléaire, les réacteurs EPR2, tout comme les réacteurs actuels, ont besoin d’acide borique, mais le bore qui compose cet acide est importé en totalité (Turquie, Etats Unis, …).
De même, les gaines qui contiennent l’uranium combustible, sont principalement en zirconium, métal également importé en totalité. À chaque renouvellement du combustible, de nouvelles gaines remplacent les anciennes.
Et puis, ces réacteurs sont loin d’être une production française puisque des composants principaux (cuves, générateurs de vapeur, …) seront fabriqués au Japon. Le dossier de concertation préalable sur l’opportunité du projet Forge+ au Creusot précisait page 18 :
“Pour ce qui concerne l’articulation avec la commande nationale de 6 à 14 EPR2, les forgés des 6 premiers EPR2 seront produits en partie par les installations actuelles du Creusot et en partie chez Japon Steel Works (JSW), et ceci jusqu’en 2030 voire 2031 pour les toutes dernières pièces.
La fabrication des forgés des 8 réacteurs EPR2 suivants devrait démarrer en 2030, peut-être avec quelques sous-traitances chez JSW au début.”
D’autres composants sont aussi fabriqués à l’étranger (Italie, …).
Dans ce contexte, l’indépendance énergétique pour ces réacteurs nucléaires s’avère être une imposture.
On se moque des citoyennes et citoyens !
SDN BUGEY le 7 avril 2026