Baisse exceptionnelle du niveau du lac du Bourget


Détails de l'événement


Le CISALB pilote, en lien étroit avec la CNR (Compagnie Nationale du Rhône), l’Etat et Grand Lac – Communauté d’agglomération, la seconde opération de baisse exceptionnelle du niveau du lac du Bourget.

Pourquoi baisser le niveau du lac ?

Depuis les années 1950, la surface de roselières lacustres du lac du Bourget a diminué de plus de moitié. Si depuis cette époque les efforts des collectivités en matière d’assainissement ont permis de retrouver une eau de bonne qualité, il subsiste un autre facteur problématique pour les roselières. Il s’agit de la régulation du niveau du lac mise en place en 1985 suite à l’aménagement du Haut-Rhône et à la construction du barrage de Savières. L’enquête publique de l’époque a abouti à la mise en place de la consigne d’exploitation du barrage appliquée depuis par la CNR pour le compte de l’Etat. Cette consigne prévoit deux niveaux planchers en dessous desquels le lac ne descend plus : un plancher bas en hiver fixé à 231,47 m et un plancher haut en été fixé à 231,77 m.

Cette régulation impacte les massifs de roselières sur deux aspects :

  • Suppression des étiages de fin d’été: avant régulation, le niveau du lac descendait naturellement en fin d’été. Ces niveaux bas permettaient de minéraliser la matière organique et donc de mettre à disposition des roseaux les éléments minéraux et l’oxygène nécessaire à leur développement et à leur extension.
  • Maintien du niveau du lac dans une frange réduite: la régulation actuelle maintient le niveau du lac dans une frange réduite. Ainsi, la houle et les déchets flottants qu’elle transporte, viennent heurter la rive toujours au même niveau. Ceci a pour conséquence l’érosion des sédiments, support des roselières, mais aussi le cisaillement des tiges de roseaux.

>>La régulation actuelle du niveau du lac nuit donc à la bonne santé des massifs de roselières.

Pourquoi s’agit-il d’un enjeu important ?

Les roselières constituent un milieu naturel très riche en biodiversité et qui rend de nombreux services écologiques. Il s’agit en effet :

  • D’un lieu de repos, de nidification et d’alimentation pour les oiseaux,
  • D’un lieu de reproduction, d’abris et d’alimentation pour les espèces piscicoles du lac, mais aussi pour les reptiles, batraciens et insectes.
  • D’une station d’épuration naturelle qui dépollue les eaux du littoral.

Les roselières sont également un élément structurant majeur du paysage du lac du Bourget.

>>En résumé : la régulation actuelle du niveau du lac du Bourget nuit à la bonne santé des massifs de roselières. Or ces milieux sont très riches en biodiversité et participent à lamélioration de la qualité de l’eau. Il est donc nécessaire d’agir en recréant les conditions favorables au développement des roseaux.

Comment l’opération va-t-elle se dérouler ?

L’opération se déroulera dans les mêmes conditions que la première opération conduite en 2017. La baisse du niveau du lac est possible par l’abaissement des clapets du barrage de Savières. L’eau du lac est ainsi évacuée vers le Rhône. L’opération se déroule en trois phases :

  • Du 1er septembre au 30 septembre: le niveau du lac, maintenu au cours de l’été à la cote de 231,77 m, baissera progressivement de 70 cm
  • Durant le mois d’octobre: il sera stabilisé à son niveau bas fixé à une cote de 231,07 m
  • A partir du 1er novembre: il remontera naturellement à sa cote hivernale habituelle, soit 231,47 m.

Le phasage présenté ci-dessus constitue le déroulement théorique de l’opération. En effet la réussite de la baisse du niveau du lac, est étroitement liée aux conditions hydrologiques à cette période. Des pluies trop abondantes et durables pourront d’ailleurs obliger le CISALB et la CNR à stopper la démarche. Dans ce cas, une nouvelle tentative sera réalisée l’année suivante.

L’opération est pilotée par un comité opérationnel constitué du CISALB (maître d’ouvrage de l’opération) et de la CNR (exploitant du barrage de Savières pour le compte de l’Etat). Pendant toute la durée de l’opération, le barrage de Savières qui fonctionne habituellement en mode automatique sera géré manuellement par des agents de la CNR impliquant une gestion fine de l’ouvrage et la mise en place d’astreintes.

Quels sont les impacts de cette opération ?

La baisse exceptionnelle du niveau du lac impactera en premier lieu les usagers du lac.

Ainsi afin de garantir la sécurité de tous, un arrêté préfectoral (arrêté 2017-0889 du 18 juillet 2017) a été pris et interdit les sauts et plongeons dans le lac pendant toute la durée de l’opération. La baignade reste quant à elle autorisée. Des panneaux d’interdiction de plonger seront disposés sur les sites de plongeons connus autour du lac.

Concernant la navigation, il est conseillé aux plaisanciers de rester vigilant en zone littorale du fait de la diminution des profondeurs d’eau. Un avis à la batellerie, consultable sur www.vnf.fr, précisera les zones les plus dangereuses (blocs affleurants, bancs de sable).

Il est également recommandé d’éviter de naviguer sur le canal de Savières car les conditions de navigation pourront être dégradées.

La navigation dans les ports est possible. En effet, tous les ports publics, à l’exception de quelques bassins, ont été curés en 2014-2015 par Grand Lac en prévision des opérations de baisse du niveau du lac. Toutefois, selon leurs emplacements, certains plaisanciers pourront se voir attribuer temporairement une autre place de port. Le service des ports de Grand Lac a d’ores et déjà informé les personnes concernées. Il est également rappelé à chacun de penser à bien vérifier et ajuster régulièrement la longueur des amarres pendant toute la durée de l’opération.

Enfin, la mise à l’air libre des sédiments et donc de secteurs envasés ou colonisés par des herbiers pourra ponctuellement entrainer le développement d’odeurs. Il s’agit d’un processus naturel lié à la dégradation des vases qui contribue à épurer les sédiments et qui se produisait naturellement avant la régulation du lac.

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