Plus de 200 personnalités locales demandent la mise à l’arrêt définitif

des réacteurs de la centrale nucléaire du Bugey

Pour amplifier cette initiative une pétition est en ligne sur le site Cyberacteurs :

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/enfiniraveclesreacteursnucleairesde-2054.html

En 2018, les réacteurs nucléaires Bugey 2 et 3 seront en fonction depuis 40 ans et en 2019, ce sera le tour des réacteurs Bugey 4 et 5. Après la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, celle du Bugey deviendra la plus vieille de France. Ses quatre réacteurs présentent des signes de fatigue manifestes, mais EDF veut en prolonger le fonctionnement jusqu’à 50 ou 60 ans. Pourtant, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte a pour objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % à l’horizon 2025 et de nombreux réacteurs nucléaires doivent donc être fermés.

Les récentes fraudes sur la qualité des pièces forgées, dans les usines Creusot Forges et du japonais JCFC, ont montré que la sûreté nucléaire n’était qu’un mythe. À la centrale nucléaire du Bugey :

– le réacteur numéro 2 a une cuve fragilisée par des fissures et présente plusieurs non-conformités aux exigences contractuelles ou réglementaires ;

– le réacteur numéro 3 totalise 94 irrégularités pour non respect des normes ;

– le numéro 4 a deux générateurs de vapeur sur trois dont l’acier au taux de carbone trop élevé est fragilisé lors des variations brusques de température ;

– le réacteur numéro 5 a une enceinte de confinement fuyarde qui vient d’être rafistolée ;

– et du tritium radioactif est régulièrement rejeté dans la nappe alluviale du Rhône (octobre 2012, décembre 2014, décembre 2017) à cause de tuyauteries fuyardes et de dysfonctionnements de vannes et clapets.

Toutes ces malfaçons et anomalies sont tolérées par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui s’insurge de l’état des réacteurs mais autorise leur fonctionnement.

À la vétusté des installations et aux défaillances internes à la centrale s’ajoutent des risques externes (séisme, inondation, crash d’avion, acte terroriste), qui pourraient provoquer une catastrophe aussi grave sinon pire que celle de Fukushima.

Et le site nucléaire du Bugey est tout proche du parc industriel de la plaine de l’Ain sur lequel sont implantés 3 établissements classés à risque « Seveso niveau haut » !

Un accident sur un réacteur de la centrale nucléaire du Bugey est de plus en plus probable et serait une très grave catastrophe pour la région lyonnaise et même au delà. La Suisse proche serait aussi touchée.

À l’inverse, le développement d’alternatives énergétiques et les travaux de démantèlement du site généreront une dynamique positive, permettant d’assurer une production d’électricité durable et la reconversion des travailleurs de la centrale nucléaire.

Dans ce contexte, la Coordination Stop Bugey a rédigé une lettre ouverte motivant la demande de mise à l’arrêt définitif des 4 réacteurs actuellement en fonctionnement, avant leur 4ème visite décennale (prévue de 2020 à 2023).

201 personnalités locales l’ont signée et elle vient d’être envoyée à Monsieur Hulot, Ministre de la Transition Écologique et Solidaire, et à chaque membre du Conseil d’Administration d’EDF.

Parmi les signataires, outre des responsables d’associations, on relève de nombreux élus, dont les maires de Grenoble et Genève, une députée européenne, de nombreux représentants des professions médicales, des artistes et des écrivains, dont un prix Goncourt, des scientifiques, des entrepreneurs, etc.

La lettre ouverte et la liste des signataires peuvent être consultées sur le site http://www.stop-bugey.org/